Compost de fumier de volaille et digestat de méthanisation côte à côte : comparaison de textures et d’humidité pour la fertilisation organique.

Dans cette article nous comparons compost avicole et digestat.

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Quelle est la différence entre compost de fumier de volaille et digestat ?

Entre compost de fumier de volaille et digestat de méthanisation, beaucoup d’agriculteurs hésitent.Lequel donne le meilleur effet fertilisant sans transformer l’épandage en chantier interminable ?

Derrière ce choix, il y a de la technique (forme ammoniacale, azote total, azote organique, phosphore et potassium), de la logistique (stockage, tonnage, rotations) et une réalité économique :

Le digestat, solide ou surtout liquide, contient plus d’eau, donc on transporte et on épand davantage… pour moins d’unités par tonne.

Le digestat est un résidu du processus de production de biogaz : la matière passe dans un digesteur par digestion anaérobie, puis on récupère un coproduit plus ou moins liquide.

Le compost avicole, lui, vient d’une méthode de compostage avec montée en température, mélange, puis maturation : on obtient une matière plus homogène, plus stable, généralement plus dense en unités.

Dans cet article, on compare fumier et digestat de façon factuelle : valeur nutritive, stabilité, matière organique, carbone organique, impacts sur le sol et la structure du sol, risques de pertes, et coût réel par unité utile.

Vous verrez pourquoi, dans la majorité des situations, le compost avicole reste la solution la plus sécurisée et polyvalente (sans nier les points forts du digestat quand il est bien cadré).

Digestat ou compost : qu’est-ce qui change en chantier d’épandage et en réglementation ?

Choisir entre digestat et compost, ce n’est pas juste comparer un tableau N-P-K, c’est aussi décider quel élément vous sécurisez en priorité (N, P, K, carbone).

C’est arbitrer :

  • une réponse plus “rapide” (souvent associée au digestat, surtout quand l’azote est en partie ammoniacal),
  • une réponse plus “stable” et structurante (souvent associée au compost avicole, plus mature),
  • des contraintes réglementaires (plan de fumure, périodes, distances, gestion du phosphore),
  • et un chantier réaliste : stockage, accessibilité des parcelles, portance, matériel.

Le bon choix dépend du contexte. Mais une règle tient : si vous vous trompez, vous le payez en rotations, en stress, en hétérogénéité…
et parfois en rendement.

Quels sont les vrais risques du digestat au champ (azote, odeurs, tassement) ?

1) Pertes d’azote : volatilisation et efficacité en baisse

Le digestat peut contenir une part importante d’azote ammoniacal. C’est un avantage quand on vise une action rapide.
Le revers : c’est plus sensible à la météo et au mode d’application. Sans incorporation rapide (ou sans matériel adapté),
on peut perdre une grande partie de l’azote par volatilisation. Résultat : la réponse attendue n’est pas au rendez-vous,
et on compense parfois avec des engrais minéraux… voire des engrais chimiques, alors qu’on cherchait justement une solution organique.

2) Hétérogénéité : une composition qui bouge

Le digestat dépend des intrants du digesteur (lisier de porc, résidus végétaux, effluents d’élevage, parfois boues selon les filières)
et du pilotage de l’installation. Même avec analyse, la composition peut varier : matière sèche, part ammoniacale, disponibilité du phosphore,
salinité. Au champ, cette variabilité se traduit par une réponse irrégulière et des réglages d’épandage plus délicats.

3) Logistique : l’eau, l’eau, l’eau

C’est souvent le point qui plombe le digestat : plus c’est liquide, plus vous manipulez du volume.
Plus de tonnes = plus de rotations = plus de temps = plus de tassement. Et quand les fenêtres d’épandage sont courtes,
ce sur-volume devient un facteur limitant. Un sol tassé, c’est des racines qui peinent, une infiltration qui se dégrade,
et une campagne qui démarre mal.

4) Odeurs et voisinage

Selon l’origine et le stockage, le digestat peut générer des odeurs plus marquées. Ça peut verrouiller des créneaux,
surtout à proximité d’habitations. Un compost avicole bien mûr, plus stabilisé, est généralement plus simple à gérer sur ce point.

5) Environnement : émissions et acceptabilité

La méthanisation agricole est un levier de valorisation. Mais au stockage et à l’épandage, on surveille les émissions
(ammoniac, N2O). C’est un sujet d’effet de serre : mal géré, on perd de l’azote et on se retrouve avec plus de contraintes.
L’objectif n’est pas de moraliser : c’est de sécuriser votre réponse agronomique et votre chantier.

Quel est le vrai coût du digestat quand on intègre transport, mécanisation et temps ?

Digestat : quand c’est pertinent (et à quelles conditions)

Le digestat n’est pas “à jeter”. Il est pertinent si :

  • le site est proche (transport court),
  • vous avez le matériel pour limiter les pertes (injection, pendillards, enfouissement rapide),
  • la portance est sécurisée,
  • vous pilotez avec analyses régulières,
  • et vous acceptez une part de variabilité liée au digesteur.

Techniquement, c’est logique : avec la digestion anaérobie, une partie de la matière facilement dégradable est transformée,
et une part de l’azote peut se retrouver plus disponible. Sur certaines fenêtres (sortie d’hiver, besoin d’azote “réactif”),
ça peut donner une réponse intéressante. Mais dès que la distance augmente, ou que la fenêtre se resserre, le digestat devient vite
“un chantier avant d’être un intrant”.

Compost avicole : pourquoi il sécurise (souvent) plus de situations

Le compost avicole est un intrant organique plus stable, plus homogène, avec une densité d’unités généralement supérieure.
Il apporte du carbone organique et soutient la vie microbienne. C’est un levier d’amélioration de la structure sur le moyen terme :
meilleure portance, meilleure infiltration, et un sol plus “facile” à travailler.

Point important : on ne parle pas de fumier frais ni de matière organique fraîche épandue “comme ça”.
On parle d’un compost mûr, passé par montée en température et phase de maturation, avec des caractéristiques plus constantes.
Le compostage du fumier réduit les aléas d’hétérogénéité et améliore la régularité de la réponse.

Tableau comparatif (valeurs indicatives)

Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur. Elles doivent être confirmées par analyses selon lot et filière.

CritèreCompost avicole (moyenne)Digestat solide (indicatif)Digestat liquide (indicatif)
Taux de MS~25 %20,9 %6,8 %
N (unités/t)~255,234,71
P (unités/t)~204,452,06
K (unités/t)~205,535,67
Lecture agronomiqueStable, progressive, riche en nutrimentsPlus rapideRapide mais très dilué
ChantierMoins de tonnes à déplacerIntermédiaireVolumineux (beaucoup d’eau)

Le digestat peut être une bonne solution locale. Mais si votre objectif est de concentrer les unités (notamment phosphore et potassium)
et de limiter les rotations, le compost avicole prend l’avantage.

Compost avicole : pourquoi c’est souvent le meilleur compromis agronomie et logistique ?

Sur le papier, on compare le prix à la tonne. Dans la réalité, vous payez :

  • le transport,
  • la mécanisation (temps, carburant, usure),
  • et parfois le coût agronomique d’une fenêtre ratée.

1) Densité en unités : le coût “par unité utile” bascule

Avec les valeurs indicatives, le compost avicole concentre nettement plus d’unités par tonne.
Oui, il peut être environ 3 fois plus cher à la tonne. Mais si vous regardez le coût par unité (N, P, K),
la valeur agronomique du compost remonte très vite, surtout dès que la distance augmente.

2) L’eau du digestat : transport et rotations

Le digestat liquide à 6,8 % de matière sèche, c’est majoritairement de l’eau.
En clair : vous chargez, vous roulez, vous épandez… de l’humidité. Cela augmente les rotations et multiplie les heures au champ.
Et si vous comptez le risque de tassement, vous ajoutez un coût “invisible” sur la structure du sol :
un sol moins portant, c’est un chantier plus difficile pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.

3) Doses : 3–4 t/ha, un chantier maîtrisable

Sur compost avicole, on préconise souvent 3 à 4 t/ha (à ajuster selon analyses et objectifs). À ces doses, le chantier reste compact :
moins de passages, moins de contraintes, et une capacité à profiter de la première fenêtre d’épandage sans courir après le temps.

4) Mécanisation : moins de tonnes = moins de stress

Moins de tonnes, c’est :

  • moins de jours mobilisés,
  • moins de risque de blocage météo,
  • moins d’usure,
  • et souvent un épandage plus homogène.

Le vrai gain économique, ce n’est pas “un intrant moins cher”. C’est une campagne plus régulière,
avec une réponse agronomique plus prévisible.

Retour terrain : comment passer du digestat liquide au compost pour sécuriser le chantier ?

Situation initiale : exploitation en grandes cultures, parcelles dispersées. Le digestat (principalement liquide) était utilisé
depuis plusieurs campagnes. Certaines années, la réponse en azote était satisfaisante. Mais lors de saisons plus compliquées
(fenêtres courtes, portance limite), le chantier a explosé : trop de rotations, plus de temps au champ, et un épandage moins homogène.

Déclic : au lieu d’augmenter les volumes, l’exploitation a cherché à densifier les unités. Objectif : sécuriser la logistique
et stabiliser la réponse sur les parcelles sensibles.

Décision : basculer une partie des apports vers un compost avicole (plus stable) et réserver le digestat aux parcelles proches
et portantes, avec incorporation rapide.

Mise en œuvre : 3–4 t/ha sur les parcelles éloignées/difficiles, ajustées selon analyses (azote total, phosphore, potasse)
et objectifs. L’exploitation a conservé du digestat sur les chantiers “faciles”.

Résultat : chantier raccourci, moins de passages, et une réponse plus régulière. Moins de rattrapage avec engrais minéral.
Et surtout : un planning plus maîtrisé, ce qui a évité les apports tardifs et les pertes.

Compost de fumier de volaille : comment choisir le bon produit et sécuriser l’épandage ?

Chez Négoce Drouillet, nous distribuons du compost avicole (fumier de volaille composté) avec une approche terrain :
on ne vend pas “un produit”, on vous aide à choisir une solution cohérente avec vos parcelles, vos contraintes et votre objectif.

Ce que vous obtenez :

  • un intrant organique stable et dense en unités (selon analyses),
  • un conseil d’épandage pragmatique (dose, fenêtre, réglages),
  • une livraison organisée selon volume et point de livraison,
  • une réactivité : vous avez un interlocuteur unique.

Quelle règle de décision rapide pour trancher entre digestat et compost ?

Ma réponse est nette : dans la majorité des situations, le compost avicole est le choix le plus sécurisé et polyvalent.
Le digestat garde une place, surtout en proximité de méthanisation, avec matériel et fenêtre maîtrisés. Mais dès que la distance,
l’eau et les rotations deviennent le sujet, le compost gagne en valeur agronomique et en économie réelle.

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FAQ : Compost avicole & Digestat : questions terrain

Tout dépend de l’unité: lisiers et fumiers, résidus de cultures, CIVE, sous-produits agroalimentaires, parfois déchets organiques selon filières autorisées. Ce “mix” explique pourquoi deux digestats peuvent se comporter différemment.

La maturité, c’est une matière stabilisée: moins d’activité fermentaire, odeur plus “terreuse”, structure plus homogène, et un comportement plus prévisible au stockage et à l’épandage.

Le compostage se fait en présence d’oxygène (aérobie) avec montée en température et maturation. La méthanisation se fait sans oxygène (anaérobie) pour produire du biogaz, et le digestat est le coproduit final. Les deux transforment la matière, mais pas de la même façon ni au même rythme.

Auteur/autrice

  • Nathan Drouillet, entrepreneur et dirigeant, spécialiste fertilisation organique

    Je suis Nathan Drouillet, dirigeant de Négoce Drouillet, négoce indépendant spécialisé en engrais organiques et amendements (organiques & basiques), avec plus de 10 ans d’expérience.

    J’accompagne des agriculteurs sur le choix des matières, le pilotage des apports et les contraintes réelles d’épandage (valeur agronomique, logistique, rentabilité).

     

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